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Ann Pollyn et Dr. Deleu : Faire du sport avec le cancer

Le sport apporte de l’espoir aux patients touchés par le cancer et à leur entourage

Un témoignage plein d’espoir : Ann Pollyn, atteinte du cancer du sein, et le Dr Ines Deleu parlent de leur défi sportif Tria+.

Ann Pollyn : une patiente atteinte de cancer qui a choisi de bouger

Avant 2018, Ann ne faisait pas de sport. Elle accordait la priorité à son temps plein d’enseignante à l’école primaire Sint-Amandus de Malderen, à son mari et à leurs quatre filles. « J’organisais toujours ma vie en fonction des autres. Je ne prenais que peu ou pas de temps pour moi. » Tout a changé en 2018, quand le diagnostic du cancer du sein est tombé : « Un coup dur. Pour moi, mais aussi pour ma famille, mes proches et mes amis. Le diagnostic a chamboulé ma vie. Je n’avais plus la capacité physique et mentale de tout faire tourner et j’ai dû déléguer certaines choses. Mon mari se chargeait des tâches ménagères les jours où j’étais forcée d’admettre que ça n’allait pas. Il est parfois difficile de ne pas toujours penser aux autres, mais la confrontation avec le cancer m’a fait prendre conscience qu’il était temps que je me concentre sur moi. » Sur les conseils de son oncologue, le Dr Ines Deleu, Ann a décidé de relever le plus grand défi sportif de son existence : participer au triathlon du Zwin. Au programme : 1 km à la nage, 10 km à pied et 45 km à vélo. Le tout en livrant un combat contre le cancer du sein.

“ Nous nous motivons mutuellement à continuer à bouger. La famille et les amis voient notre enthousiasme, ce qui leur donne envie de faire du sport plus assidûment. ”
— Dr. Ines Deleu

Ines Deleu : un médecin investi d’une mission

Docteure Ines Deleu, cheffe du service oncologie de l’AZ Nikolaas : « Diverses études ont déjà démontré l’importance de l’exercice physique. J’encourage donc au maximum mes patients à adopter un mode de vie sain. L’activité physique joue un rôle majeur dans ce cadre. Les sports d’endurance comme la course à pied et le vélo sur de longues distances réduisent de 30 % le risque de rechute grâce à l’entraînement cardio. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons entamé le programme Tria+, l’objectif étant de préparer les patients, leur buddies, c’est-à-dire leurs partenaire, proche ou ami ainsi que les parrains et marraines, c’est-à-dire les infirmier, spécialiste de la revalidation et médecins au quart de triathlon du Zwin. » Dans le cadre de la deuxième édition de Tria+, 45 personnes ont suivi un programme d’entraînement intensif de huit mois. Malgré son emploi du temps chargé, Ines a dégagé du temps pour s’entraîner avec ses patients. Plusieurs entraînements professionnels ont été organisés chaque semaine. « Le premier était consacré aux exercices de stabilité, l’autre à la course, à la natation et au cyclisme. » Ann : « J’ai pu compter sur mon buddy, Nancy, durant ces entraînements. Elle m’a soutenue et m’a littéralement traînée quand ça n’allait pas fort. Nous avions aussi beaucoup de choses en commun au sein du groupe. Mais bien que nous ayons tous vécu la même expérience, nous parlions rarement du cancer. » Le Dr Deleu ajoute : « De nombreux patients se sont rencontrés durant leur traitement, notamment la chimiothérapie. » « Une sorte de club de chimio », plaisante Ann. « Avant d’entamer Tria+, les patients passent un examen cardiaque et évaluent la faisabilité du programme avec leur oncologue ou leur hématologue. Même si je veux encourager un maximum de patients à bouger, la sécurité doit rester la priorité », explique le Dr Deleu. « En plus de participants enthousiastes, un tas d’autres éléments sont indispensables au succès de Tria+ », poursuit le Dr Deleu. « Nous avons bien sûr besoin d’entraîneurs pour élaborer les programmes, mais ce n’est pas tout. Dans la mesure où le programme nécessite un budget de départ considérable, nous cherchons en permanence des sponsors. Il nous faut des vélos, des casques, des combinaisons étanches et d’autres équipements d’entraînement. En marge de mon travail d’oncologue et de ma participation aux entraînements, je suis donc constamment en quête de sponsors et de partenaires pour assurer le succès de Tria+. Je dois parfois mettre mes autres hobbies, comme la photographie, entre parenthèses. Mais je le fais de bon cœur. C’est toujours un défi, mais je suis fière de dire que tout s’est très bien passé lors des deux dernières éditions. J’espère que nous aurons bouclé tout à temps pour la prochaine. »

Un virus contagieux

Le Dr Deleu a déjà rempli une grande partie de sa mission qui consiste à convaincre les gens de bouger davantage. « J’ai toujours incité mes enfants à faire du sport. Mes deux fils aînés ont participé à la première édition. » Ann a, elle aussi, remarqué que le virus de l’activité physique était contagieux : « Toute notre famille s’est mise au sport. Mon mari s’active avec coach sportif et ma fille de 17 ans suit le même programme que moi. Sa jumelle me suit en handbike quand je vais courir. » « La famille est tellement importante », ajoute Ann. « Chaque fois que j’avais du mal à quitter les enfants pour aller m’entraîner, mon mari me persuadait d’y aller. On ne se rend pas bien compte de l’impact que le cancer a sur l’entourage direct du patient. Je remercie mon mari, mes enfants et ma famille du fond du cœur pour leur soutien fantastique et inconditionnel. »

“ Ce n’est pas parce que j’ai eu un cancer du sein que je ne peux plus rien faire. Le sport m’a aussi apporté un moyen de faire face. ”
— Ann Pollyn

Faciliter le dialogue sur le cancer et rester positif

« J’ai aussi envie que le cancer soit plus facilement abordé et que les gens ne se comportent plus comme si vous aviez une maladie contagieuse. Récemment, alors que nous étions toutes les deux dans le fauteuil, ma fille de 7 ans m’a demandé si le cancer était contagieux. La réponse est non, mais certains peuvent penser que c’est le cas. »

« Heureusement, le virus de Tria+ est, lui, bel et bien contagieux », plaisante le Dr Deleu. « Nous nous motivons mutuellement à continuer à bouger. La famille et les amis voient notre enthousiasme, ce qui leur donne envie de faire du sport plus assidûment. Je cherche aussi à faire comprendre aux gens qu’on se retranche souvent derrière de fausses excuses. À la suite d’un cancer et des traitements (ultérieurs), les femmes prennent du poids. Elles disent souvent : “Je suis trop grosse, je ne peux pas courir.” Mais rien n’est moins vrai ! L’exercice physique fait maigrir et vous pousse automatiquement à manger plus sainement. » « C’est aussi mon avis », confirme Ann. « J’étais en surpoids, mais je l’ai fait malgré tout. »

S’il y a bien une chose que la maladie a apprise à Ann, c’est qu’il faut rester positif. « Ce n’est pas parce que j’ai eu un cancer du sein que je ne peux plus rien faire. Le sport m’a aussi apporté un moyen de faire face. J’ai pleuré comme une Madeleine pendant le triathlon du Zwin. Pour moi, il marquait la fin du processus. Arriver au bout m’a prouvé mes capacités. Le triathlon a aussi donné le coup d’envoi d’une vie plus saine et plus sportive. »

Le triathlon est aujourd’hui terminé. Ann et le Dr Deleu ont atteint leur objectif, mais l’aventure ne s’arrête pas là. « J’aimerais courir l’Antwerp Ten Miles », confie Ann. « C’est tout à fait possible, il n’y a que six petits kilomètres en plus », l’encourage le Dr Deleu. « Vivement la troisième édition de Tria+, je suis déjà prête à poursuivre ma mission. »

“ J’ai pu compter sur mon buddy, Nancy, durant ces entraînements. Elle m’a soutenue et m’a littéralement traînée quand ça n’allait pas fort. Nous avions aussi beaucoup de choses en commun au sein du groupe. Mais bien que nous ayons tous vécu la même expérience, nous parlions rarement du cancer. ”
— Ann Pollyn

‘Switch to Hope’ est une initiative des associations suivantes avec le soutien de Bristol-Myers Squibb: Borstkanker Vlaanderen, CMP Vlaanderen, European Cancer Patient Coalition (ECPC), la Fondation contre le Cancer, Hodgkin en non-Hodgkin vzw, Lymfklierkanker Vereniging Vlaanderen, Melanoompunt, Mymu, Talkblue Vlaanderen et Vie et Cancer.

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